
Illustré d’encres et d’acryliques, ce recueil propose une toute nouvelle traduction des trois grands poèmes incontournables de Coleridge : Le Dit du Vieux Marin, Koubla Khan, et Christabel, il contient en outre des traductions encore inédites en français de certains de ses poèmes les plus imaginatifs et les plus sombres. Ce sont des poèmes dont l’imaginaire est d’autant plus saisissant qu’il repose tout à la fois sur un univers merveilleux jouant sur les alliances des contraires, mêlant magistralement l’épouvante et l’enchantement, ainsi que sur une maîtrise parfaite de la langue dont la musicalité est source de jeux de sens et de sonorités et où le son lui-même fait sens ; et à ce titre la poésie de Coleridge est un manifeste du romantisme à elle seule : évasive, langoureuse, bien souvent inachevée ou en devenir, elle recherche à force d’images, de références et de mélodies, l’énigme spirituelle que seuls possèdent les lointains mythologiques ou géographiques, promesses incertaines d’un Eden oublié. C’est cette musicalité intrinsèque à l’œuvre de Coleridge que cette nouvelle traduction a pour vocation de transmettre, et son traducteur Bertrand Bellet se propose ainsi de respecter tout autant l’esprit que la lettre, voire de préserver davantage le premier de sorte que ces textes puissent être découverts ou redécouverts, non comme des traductions à même d’assister un public quasi bilingue, mais comme des poèmes à part entière à la forme aussi soignée que le fond, et à la prosodie musicale manifeste.
Les illustrations de Giliane-Claire Bourdon apportent une dimension visuelle à l’univers imaginaire éclectique de Coleridge et rendent par leurs textures hétérogènes toutes les nuances bigarrées de ces fantaisies poétiques : de la ballade presque naïve à la noirceur absolue des tourments métaphysiques.