Samuel Taylor Coleridge, Vingt poèmes d'Étrangement
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Errances en Faërie
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Éditions Skiophoros
32 Rue du Borrégo
75020 Paris
Généralement considéré comme le premier romantique anglais avec son ami et antagoniste William Wordsworth, Samuel Taylor Coleridge fut une source inépuisable d'inspiration pour les plus illustres auteurs britanniques dont les noms sont généralement plus familiers du public francophone : Scott, Sheylley, Byron, De Quincey.
Parce que dans sa jeunesse, il fut un lecteur inépuisable des contes de fées, il rendit, grâce à ses ballades, ses lettres de noblesse littéraire au surnaturel et au féérique, héritage dont on peut encore aisément percevoir l'écho dans la littérature anglo-saxonne contemporaine.
Parce que, plus tard, ayant cru avoir perdu sa puissance lyrique à la suite de désillusions cruelles, il se fit philosophe et avant tout auteur et analyste d'une poétique dont il fut le pionnier, il instaura de façon géniale et tourmentée les bases d'un romantisme à la fois introspectif et tumultueux dont les égarements mystiques constitueront le principe de cet âge d'or littéraire.
Soucieux de rendre hommage à ces inclinations, les poèmes de ce recueil se veulent explorer la veine fantastique de Coleridge dont Le Dit du Vieux Marin, Koubla Khan et Christabel sont les poèmes emblématiques, ainsi que ses aspirations plus sombres dont la désespérance psychologique et l'amour de la musicalité syntaxique font d'autant plus vibrer ces palais de l'Imaginaire que Coleridge aura visités et érigés par fragments tel un prophète errant.
Ce recueil a été illustré d'encres et d'ombres par les soins talentueux de Giliane-Claire Bourdon. Il a été intégralement traduit avec passion et amour des sonorités par Bertrand Bellet, linguiste et mélomane. Les éditeurs les en remercient.
Les sept textes qui composent ce recueil — initialement publiés sur le site Jrrvf (www.jrrvf.com) dédié à Tolkien — sont autant d'invitations à la découverte des royaumes de Faërie. Tantôt serpentant sous de mélodieux scintillements d'étoiles, tantôt s'insinuant à l'ombre de quelques créatures chimériques, ils livrent au lecteur un horizon atypique des frontières toujours incertaines du merveilleux. Pour peu qu'il se prenne au jeu de ces errances, c'est alors aux confins de son propre univers imaginaire que le lecteur aura peut-être la surprise de se retrouver. Car si ils sont des voyages en pays fantasques et inconnus, les contes de Faërie sont avant tout des labyrinthes vertigineux aux miroirs asymétriques, par dessus lesquels on se penche comme on scrute l'abysse.